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Les accidents et les incidents en Alsace


Evolution entre 2003 et 2007


L'année 2007 se caractérise dans les établissements industriels de la région par le maintien à un bas niveau du nombre des accidents recensés : 28 en 2007 au lieu de 30 en 2006 et 2005, 51 en 2004 et 60 en 2003.

De même, tout comme en 2006, on observe en 2007 un faible niveau de gravité de ces incidents.

Les incidents et accidents répertoriés par la DRIRE sont classés sommairement en 3 grandes catégories de gravité en fonction des effets constatés ou, dans certains cas, potentiels : mineur, notable et grave.
Ainsi en 2007, il n'y a pas eu d'accident grave et on n'a enregistré que 3 incidents notables, dont 2 dans les entreprises Seveso. Les 25 autres incidents enregistrés sont des incidents mineurs.

Un autre indicateur de l'évolution favorable de la gravité des incidents et accidents recensés au cours des 5 dernières années (entre 2003 et 2007) est le nombre de fois où le plan d'opération interne (POI) a été mis en œuvre : 6 fois en 2007 au lieu de 7 fois en 2006 et en 2005, 8 fois en 2003 et surtout 16 fois en 2004, pour l'essentiel dans les établissements relevant de la directive Seveso.

L'évolution du nombre et de la gravité des accidents recensés sur les 5 dernières années est retracée dans le graphique ci-dessous.



Les incidents et accidents recensés se répartissent ainsi :

  • 11 sur 28 concernent les établissements Seveso, qui ne représentent pourtant qu'un faible pourcentage (5%) des établissements autorisés,
  • près de 50% des incidents concernent des incendies ou débuts d'incendie, 25% sont des émissions toxiques et près de 25% sont des pollutions des eaux ou des sols.

Le retour d'expérience suite aux incidents et accidents

Dans les établissements relevant de la directive Seveso la réglementation (arrêté du 10 mai 2000) stipule que des procédures doivent être mises en œuvre pour détecter les accidents et incidents évités de justesse , notamment lorsqu'il y a eu défaillance des défaillances de mesures de prévention, pour organiser les enquêtes et les analyses nécessaires, pour remédier aux défaillances constatées et pour assurer le suivi des actions correctives. Cette réglementation permet de découvrir les failles des systèmes de sécurité et est à la base de nombreuses actions d'amélioration. Les exemples régionaux mentionnés ci-après et intervenus en 2007 en illustrent l'intérêt.

  • A l'intérieur d'une usine de fabrication d'engrais, un camion de type "Dumper" d'une entreprise extérieure circulant benne levée, accroche les poutres latérales de protection d'un rack de support de tuyauteries d'ammoniac et provoque un accident de circulation au cours duquel le chauffeur est légèrement blessé. L'accident intervient lors d'opérations de navettes, chargements et déchargements de craie entre l'usine et la zone portuaire voisine, au niveau du passage sous le rack qui longe la zone de stockage de la craie,.. Les tuyauteries d'ammoniac sont inspectées immédiatement après l'incident par le Service d'Inspection de l'entreprise : elles n'ont pas été endommagées, le rack de protection ayant rempli sa fonction. Cependant l'exploitant met en place un programme d'actions correctives visant éviter le renouvellement de ce type d'incidents : procédures revues, portiques heurtoirs de protection de part et d'autre du rack, installation dans les cabines de camions de dispositif d'alerte sonore de benne en position haute, recherche de situations à risques similaires dans l'usine, …
  • Une surpression se produit en fin de nuit sur un bac contenant un résidu de type bitume provenant de l'unité de distillation sous vide de la raffinerie, réchauffé à 180°C. et provoque une déchirure en 3 endroits du joint de liaison robe toit du réservoir. L'évent du réservoir n'a pu éliminer la surpression causée par la vaporisation d'eau introduite dans le circuit par un échangeur à eau normalement isolé du process mais qui, pour des raisons opératoires, a été mis en ligne avant qu'il ne soit totalement purgé. L'échangeur était fuyard et l'eau accumulée, environ 150 litres, a été envoyée au réservoir où elle s'est vaporisée. Il n'y a eu ni blessé, ni feu, le résidu est resté dans le bac, mais le POI a été déclenché à titre préventif. Suite à cet incident, l'exploitant décide le retrait d'exploitation des échangeurs jusqu'à leur visite par son service inspection, de vider, isoler et réparer le bac et de faire l 'inventaire des autres endroits dans l'usine où une telle configuration pourrait être rencontrée (échangeur à eau utilisé par intermittence). Les fiches de manœuvre de ces équipements sont également revues.
  • Dans une usine de production de caoutchouc, une tuyauterie située l'intérieur d'un bâtiment est démontée pour modification, les vannes situées de part et d'autre de la pièce étant fermées et équipées de brides pleines. Pour remonter la tuyauterie ces brides sont ôtées et la pièce est soulevée par un palan installé sur les lieux. Pendant la manœuvre la chaîne du palan accroche et ouvre la clé d'une des vannes, provoquant la vidange progressive d'un réservoir de latex contenant encore du butadiène et situé hors du bâtiment. Lors de l'ouverture de la vanne un mécanicien de l'entreprise extérieure titulaire du permis de travail est aspergé au visage et les explosimètres fixes de l'unité déclenchent l'alarme. Le blessé est passé sous la douche de sécurité par l'équipe d'intervention de l'entreprise alertée puis évacué vers l'hôpital. Le POI est lancé et le déluge incendie de l'unité mis en marche pour diluer le gaz. Deux intervenants équipés de tenues anti-gaz stoppent la fuite en refermant la vanne. Les eaux du déluge, chargées en mousse de latex, sont récupérées et envoyées à la station de traitement de l'usine. La fuite est due à un mauvais platinage de l'installation : si des vannes plus éloignées avaient été platinées, l'ouverture de la vanne aurait été sans conséquence. Suite à l'analyse de l'accident les procédures de travaux sur les tuyauteries contenant des produits toxiques ou dangereux sont revues.

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