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Les émissions de composés organiques volatils


Répartition des émissions en Alsace en fonction des sources
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Répartition des émissions de COV en fonction des sources

Les émissions annuelles de composés organiques volatils en Alsace sont estimées en 2004 de l’ordre de 53 400 tonnes (ASPA), représentant environ 4% des émissions nationales. L’industrie rejette le tiers de ces émissions. Il est à noter que les émissions naturelles de la sylviculture (couvert végétal) participent fortement à ces rejets. En 2007 les émissions annuelles de COV du secteur Industrie, ajustées avec les résultats de l’inventaire 2004 de l’ASPA et tenant compte des données récentes sur les émissions diffuses (chimie, raffinerie), sont évaluées de l’ordre de 10 100 tonnes. La baisse régulière des rejets de COV depuis 2000, année de référence, s’est poursuivie et porte à plus de 50% la réduction globale réalisée.

On estime que les émissions industrielles de COV proviennent pour 50% de la chimie parachimie (principale source avec environ 40% des émissions) et du raffinage-stockage d’hydrocarbures. Ce constat prend en compte les réductions notables réalisées dans le secteur de la chimie. Le secteur mécanique-traitement de surface représente le quart des émissions.


Evaluation des COV

Il n’est pas toujours aisé d’évaluer les émissions de COV du secteur Industrie. Dans certains secteurs d’activité tels la chimie et le raffinage, il est nécessaire de prendre en compte, avec une large marge d’incertitude, d’importantes quantités de substances émises de façon diffuse le long de conduites de transferts (fugitifs), lors de stockages ou créées lors de réactions chimiques dans les process ; dans d’autres secteurs où interviennent des traitements de surface avec application de produits très diversifiés (laques, vernis, peintures de teintes variées), l’établissement des bilans matières et plans de gestion de solvants impose une bonne connaissance de la composition des nombreux produits utilisés (parts de solvants et extraits secs). Par ailleurs les flux identifiés sont exprimés en équivalent carbone ou en espèces et un problème d’homogénéité d’unité se pose. Ainsi, l’évaluation des émissions de COV s’améliore-t-elle d’année en année, avec l’élaboration sur chaque site concerné, de bilans de plus en plus détaillés et représentatifs.


Société Alsacienne de Meubles
cliquez pour agrandir l'image Société Alsacienne de Meubles

L'impact des émissions de COV dans l'environnement

Les COV ne sont pas mesurés directement dans l'air. Comme les NOx, ils constituent des précurseurs de l'ozone (O3), polluant dont la concentration est surveillée dans l'atmosphère. La concentration dans le fossé rhénan des polluants précurseurs d'ozone (COV, NOx), est en progression régulière. Au cours des mois d'été, les rejets de polluants combinés à des conditions météorologiques exceptionnelles (température caniculaire et ensoleillement) peuvent entraîner une augmentation très forte des niveaux d'ozone. Ainsi lors de l'été 2003, des records de pollution en valeurs atteintes et en nombre de jours de dépassement des seuils, ont été enregistrés. Ce phénomène ne s'est pas reproduit avec une telle ampleur les trois années suivantes.

En 2007, au cours de l'été, le niveau de recommandation pour la population (fixé à 180 µg/m3 sur une heure) a été dépassé 3 jours sur l'ensemble de l'Alsace (rappel : 36 jours en 2003), nécessitant la mise en oeuvre de la procédure d'information de la population. Les plans "ozone" de la Communauté urbaine de Strasbourg, de la ville de Mulhouse et du Conseil Général du Bas-Rhin (visant à réduire les pollutions automobiles) n'ont pas été déclenchés cette année.

La norme pour la protection de la santé humaine (fixée à 110 µg/m3 sur huit heures) a été dépassée en moyenne 38 jours en 2007 sur les stations de mesure de plaine, contre 45 jours en 2006, 33 jours en 2005 et 37 jours en 2004. Dans les Vosges, cette valeur est dépassée 51 jours en 2007 contre 59 jours en 2006 et 2005 et 52 jours en 2004. Le maximum d'ozone a été enregistré à la station urbaine de Strasbourg Sud dans le Bas-Rhin, avec 202 µg/m3 le 16 juillet 2007 (ASPA).


Principaux rejets de COV du secteur Industrie en Alsace (niveau d'émission égal ou supérieur à 100 tonnes/an)


Etablissement

Commune

Dépt

Activité

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

PSA Peugeot Citroën Site de Mulhouse

Sausheim

68

Construction automobile

3076

3173

3025

2903

1814

1083

834

588

Pétroplus Raffinage Reichstett (ex-CRR)

Reichstett

67

Raffinage de pétrole

654

623

618

616

582

568

623

554

Alcan Packaging Sélestat

Sélestat

67

Emballage d'aluminium (impression)

2503

2166

1956

1976

1248

436

376

412

Butachimie

Chalampé

67

Intermédiaire de synthèse du nylon

480

480

480

480

470

434

414

374

Rhodia P.I. Chalampé (Rhodia Opérations)

Chalampé

68

Intermédiaire de synthèse du nylon

950

1150

1400

1050

1120

880

474

271

Daramic

Sélestat

67

Séparateurs de batteries

462

462

371

263

243

225

240

268

Dow France

Drusenheim

67

Mousses plastiques

711

664

671

479

195

226

214

224

CFS (Compagnie Franco-Suisse)

Illfurth

67

Imprimerie

1078

1171

1120

1026

499

329

242

201

Alcan Rhenalu

Biesheim

68

Transformation d'aluminium

732

514

604

549

424

487

344

186

MacDermid Printing Solutions Europe

Cernay

68

Transformation d'élastomères

511

378

350

262

245

167

182

141

Amcor Rentsch France

Ungersheim

68

Imprimerie

91

91

91

68

65

65

89

134

Lohr Industrie

Duppigheim

67

Carosserie industrielle

145

135

143

148

148

108

113

125

Johnson Controls

Strasbourg

67

Siège automobile en mousse

466

466

344

343

383

417

470

112

Alcoa Architectural Products

Merxheim

68

Fabrication de panneaux composites

107

107

107

107

112

112

112

112

Ciba Spécialités Chimiques

Huningue

68

Chimie organique de synthèse

23

23

23

23

24

24

28

101

Société Alsacienne de Meubles (SALM)

Sélestat

67

Mobilier de cuisine et salle-de-bain

141

141

131

128

115

151

143

91

Part de ces émissions au total des rejets industriels en 2007 = 39%








3894


* Etablissements Raffinerie PRR, Rhodia Opérations, Butachimie et Alcoa Architectural Products : les valeurs affichées intègrent les émissions diffuses (y compris fugitives) évaluées dans les études récentes. En italique, sont indiquée des valeurs non déclarées reconstituées afin de maintenir un « périmètre » comparatif d’émissions.


Evolution des émissions de PPC, Didier Québécor et Faurecia (ex-Peguform)


Potasse et Produits Chimiques PPC (ex-Albemarle PPC)

Thann

68

Chimie

337

303

303

367

205

100

73

19

Didier Québécor

Strasbourg

67

Imprimerie

279

253

195

384

229

250

80

0*

Faurecia (ex-Peguform, ex-Cadence Innovation)

Burnhaupt-le-Haut

68

Transformation de matière plastique

197

197

199

210

265

231

179

0*

* Etablissements fermés (arrêt définitif) entre 2006 et 2007.


Daramic
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Le respect des contraintes réglementaires (échéance nationale du 30 octobre 2005) s’est traduit par des réductions importantes des rejets, grâce à la substitution de produits à la source, l’adoption de nouvelles solutions techniques et l’amélioration des performances d’installations, la récupération et le recyclage de substances ou la destruction par incinération. Les gains les plus significatifs constatés depuis la fin des années 90 ou le début des années 2000 et la mise en place de solutions de traitement des COV, qui se sont pour certains accrus en 2007, sont ceux de PSA Peugeot Citroën à Sausheim (> 2 580 t), Alcan Packaging (ex-SAA) à Sélestat (> 2 800 t depuis 1997), Alcan Rhenalu à Biesheim (> 1 500 t depuis 1997), Rhodia Opérations à Chalampé (> 1 100 t) et CFS à Illfurth (> 970 t), Dow France à Drusenheim (> 600 t depuis 2000) et Mac Dermid Printing Solutions à Cernay (> 370 t depuis 2000). Il faut noter également la cessation d’activités de plusieurs établissement industriels entre 2005 et 2007, qui s’est traduite par une suppression d’importants rejets, globalement pour plus de 500 tonnes.


Perspectives

L’anticipation de l’échéance d’octobre 2007 de la directive européenne sur les solvants1 a conduit à réduire les rejets industriels de COV alsaciens et devrait se répercuter encore sur l’année prochaine, à un degré moindre. De plus, l’élaboration de bilans matières et de plans de gestion de solvants plus représentatifs, prenant en compte une meilleure connaissance des produits entrant dans les process de fabrication, permettra de mieux cerner la réalité des émissions diffuses (ce qui devrait conduire encore à de nouveaux ajustements des bilans).


1Directive du Conseil n° 1999/13/CE du 11 mars 1999 relative à la réduction des émissions de composés organiques volatils dues à l'utilisation de solvants organiques dans certaines activités et installations.


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